Bouaké : une tête couronnée appelle la jeunesse des villages périurbains à renouer avec leurs racines ancestrales et traditionnelles
Dans une ambiance chargée de traditions et de retrouvailles, une figure emblématique de la région de Gbêkê, au centre de la Côte d'Ivoire, a lancé un appel solennel à la jeunesse des villages périurbains, ou villages quartiers de Bouaké. Nanan N’Goran Koffi II, le chef du canton des Baoulé Fahafouê, s'est exprimé le jeudi 02 avril 2026, devant les jeunes du village de Kouassiblékro, cœur du canton Fahafouê, qui est aujourd'hui englobé dans l'agglomération à l'est de Bouaké. Cet appel a eu lieu lors d'une conférence publique marquante.
En prélude à la célébration de Pâques, une période essentielle de rassemblement pour le peuple Baoulé, Nanan N’Goran Koffi II a incité la jeunesse à renouer avec leurs racines ancestrales. Il a mis en avant que le statut particulier des villages périurbains, souvent engloutis par l'urbanisation, ne devrait pas les éloigner de leurs traditions.
« Dans ces villages (quartiers), le tam-tam parleur ne parle plus, car l’urbanisation a provoqué un brassage incroyable », a déclaré le chef coutumier, en prenant l'exemple du village de Kamonoukro, situé au nord de Bouaké. Cet ancien grand village, qui était autrefois un bastion de la pure tradition Baoulé, est aujourd'hui complètement absorbé par les quartiers voisins de Djambourou et de Dar-es-Salam, ce qui lui a causé du regret.
« Au village de Kamonoukro, il y avait le tam-tam parleur, il y avait le Djê (masque sacré Baoulé), aujourd’hui tout cela a disparu, nous ne connaissons même plus la délimitation réelle de ce village », a ajouté Nanan N’Goran Koffi II.
C'est pourquoi, profitant de l'élan des festivités de Pâques, ou Paquinou (Allons à la Pâques) en pays Baoulé, le chef traditionnel a décidé, avec ses pairs, d'organiser une tournée de sensibilisation à travers ces villages devenus quartiers de Bouaké. Pour lui, cette période de fête doit également être un moment de réflexion sur l'avenir et la prospérité de leur communauté.
Le département de Bouaké est constitué de 247 villages, dont beaucoup sont des villages périurbains ou quartiers. Ces localités entourent la commune urbaine et font face à une pression démographique et spatiale croissante, en raison de l'absorption progressive par l'expansion urbaine de la ville. Malgré ces défis, le message de Nanan N’Goran Koffi II est clair : préserver et honorer les traditions ancestrales est essentiel pour l'identité et le développement des générations futures.
Ainsi, en cette période de Pâques, pour Nanan N’Goran Koffi II, le retour aux sources représente non seulement un appel à se reconnecter à la tradition, mais aussi une invitation à construire un avenir ancré dans la richesse culturelle du passé.
CK
Par Delmas Abib le 04/04/2026
